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Les DNA communiquent: 

Thibaud Brun (à gauche), responsable de la SAS Romann, et Yoann Maillard, directeur-adjoint du groupe Grap’Sud.  Photo L’Alsace /Hervé KIELWASSER

La distillerie Romann, site stratégique pour la filière viticole alsacienne, poursuit la collecte des marcs, des lies, des vinasses, mais leur traitement s’effectue sur le site du groupe coopératif gardois, le coût du gaz demeurant prohibitif.

Le prix du gaz, donc de la vapeur (fournie par Engie Solutions selon un tarif variable), étant toujours aussi prohibitif, Grap’Sud poursuit sa prudente politique de mise sous cloche temporaire de certaines de ses activités de valorisation des sous-produits viticoles.

De passage en Alsace, Yoann Maillard, directeur adjoint du groupe coopératif, a confirmé que la chaudière de la SAS Romann à Kaysersberg Vignoble, à Sigolsheim, était à l’arrêt depuis mars, le coût du mégawatt ayant augmenté de plus 800 % en l’espace de quelques mois. « Le coût de la vapeur ne nous permet pas de poursuivre nos opérations de transformation. Mais nous continuons d’assurer la collecte des marcs, des lies, des jus de marc et des vins DPLC [dépassement du plafond limite de classement, NDLR] », comme le site alsacien l’a toujours fait depuis sa créa-tion en 1958.

Le site de Cruviers-Lascours, siège du groupe dans le Gard, assure le traitement et la valorisation de sous-produits alsaciens, les installations industrielles gardoises bénéficiant de contrats d’approvisionnement à un prix garanti.

À Sigolsheim, les viticulteurs livrent leurs marcs comme d’habitude, le site assurant par ailleurs le traitement administratif des apports. « Rien n’a changé », assure le directeur général adjoint, hormis l’arrivée et le départ de véhicules assurant la liaison entre le Haut-Rhin et le site gardois, soit 700 kilomètres de trajet. « Le coût du transport reste en deçà du coût de fonctionnement de la chaudière. C’est ce qu’il y a de plus intéressant, mais c’est peu rentable et peu vertueux au regard de nos considérations en termes d’empreinte carbone », souligne Yoann Maillard.

Sur le site alsacien, seule l’activité d’égouttage et d’épépinage des marcs a survécu, à savoir la séparation et le séchage des pépins en four biomasse, un gisement valorisé en huile de pépins de raisin.

Pour l’heure, les réflexions se poursuivent pour réactiver ou pas la chaudière à biomasse abandonnée depuis l’implantation, en 2018, d’une nouvelle unité de production de vapeur.